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ATÉCOPOL : Pour un label Sans-IAg dans l’enseignement, la culture, le journalisme et les entreprises.

https://atecopol.hypotheses.org/15536

Communiqué de presse de l’ATelier d’ÉCOlogie POLitique (ATÉCOPOL)

18 juin 2026 : Plus d’un millier de professionnels et citoyen·nes appellent à l’émergence d’un label « Sans IA générative » dans l’enseignement, la culture, le journalisme et les entreprises.

Les scientifiques de l’Atelier d’Ecologie Politique de Toulouse publient ce 18 juin un plaidoyer pour l’émergence d’un label « Sans-IAg » dans l’enseignement, la culture, le journalisme et les entreprises. Le texte a été signé par 1250 professionnels et citoyen·nes. Il invite à ne pas utiliser l’IAg (IA générative) dans le cadre professionnel et à afficher son engagement sous la forme d’une phrase explicite, d’un logo personnel ou d’un court texte. La liste complète des signataires peut-être trouvée ici.

Un plaidoyer pour l’émergence d’un label « Sans IAg »

Le texte publié ce 18 juin dans quatre journaux a été proposé par l’Atécopol, collectif de 300 scientifiques toulousain·es engagé·es face à l’urgence écologique. Cet appel survient alors que le refus de l’IAg (IA générative) devient de plus en plus manifeste dans de nombreux milieux professionnels. Parmi les signataires, plus de 900 sont des professionnels exerçant dans les domaines de l’art, la culture, le journalisme, la recherche et l’enseignement. L’article a été publié dans Reporterre, le Club Médiapart, Splann ! et La Relève et la Peste.

L’enjeu est de proposer un label, sans organisme certificateur ni processus officiel de labellisation, basé sur la confiance et permettant d’afficher un engagement à ne pas utiliser l’IAg dans le cadre professionnel. Les signataires considèrent que la forme que prend ce label importe peu, et qu’il pourrait apparaitre sous la forme d’une phrase explicite, d’un logo personnel ou d’un court texte : « il n’est peut-être même pas nécessaire qu’un label « officiel » existe ; l’important est que toutes les personnes qui se reconnaissent dans cette envie et démarche l’affichent explicitement ». Face au doute que pourrait susciter un tel label auto-déclaratif, les auteur·ices rappellent qu’une affirmation erronée à ce sujet pourrait être juridiquement considérée comme une pratique commerciale trompeuse.

Une réponse à une dégradation sociale pour les citoyen·nes et les professonniel·les

Dans leur appel, les signataires rappellent que cette demande de clarification par rapport à l’usage de l’IAg provient à la fois de citoyen·nes refusant le déferlement de l’IAg dans tous les aspects de leur vie quotidienne, mais également de créateur·ices de contenu, qui ne savent plus comment faire valoir leur choix de continuer à proposer une production humaine. De plus, alors que la tendance de fond au sujet de l’IAg est de la considérer comme un simple outil, les auteur·ices rappellent que « l’IAg n’est pas un outil neutre avec ses bons et mauvais usages mais est indissociable d’un pillage massif des œuvres, d’une exploitation des travailleuses du clic et d’infrastructures gigantesques et énergivores ».

Les scientifiques pensent également qu’il est illusoire d’espérer qu’une loi exigeant la mention explicite de l’usage de l’IAg soit promulguée et surtout respectée, rappelant que, dans l’édition scientifique, on estime que seul·e 1 scientifique ayant eu recours à l’IAg sur 40 le mentionne, même lorsqu’une telle déclaration est exigée.

Le texte s’attaque également au cas des entreprises, où l’on assiste à ce qui – selon les auteur·ices – n’a plus aucun sens : « des milliers de CV générés par IAg sont triés par des IAg pour recruter des personnes allant prompter toute la journée ». Le texte suggère que les institutions s’engageant à travailler sans IAg comme les travailleur·euses souhaitant exercer dignement leurs compétences puissent se reconnaître mutuellement par un affichage explicite de leur attachement à la « production humaine ».

Au final, cet appel vise à ce que la vie sans IAg ne soit pas un parcours d’obstacle et reste même tout simplement possible. Ils et elles appellent à une réflexion collective à ce sujet dans toutes les institutions concernées, affirmant qu’« il est temps de choisir son camp – IAg ou humain – et de clarifier sa position ».

Une résistance à l’IAg portée par les milieux scientifiques.

Ce texte fait suite à la publication il y a quelques mois d’un Manifeste à destination des enseignants et membres de l’enseignement supérieur et la recherche, intitulé « Face à l’IAg, l’objection de conscience ». Ce texte a été signé par plus de 3400 personnes et a rencontré un large écho dans la communauté scientifique, contribuant selon ses auteur·ices à « libérer la parole et à sortir de la sidération face à la vague de l’IAg ». Plus récemment, le collectif Scientifiques en rébellion a également lancé un appel pour un label « sans IAG » ciblant spécifiquement les formations dans l’enseignement supérieur.

Enfin, ce même 18 juin, les scientifiques à l’origine du Manifeste organisent une journée d’étude « Que faire face à l’IAg dans l’enseignement supérieur et la recherche ? » dont le programme est ouvertement critique et se conclut par une réflexion sur les pistes de résistance.

Un premier journal « Sans-IAg ».

Hasard du calendrier, cet appel est lancé alors que le journal Reporterre vient de devenir le premier journal à avoir pris une position très claire de non-utilisation de l’IAg pour l’ensemble de sa rédaction, devenant ainsi de facto le premier journal « Sans-IAg »