Par Flavie Vonderscher
Responsable du pôle plaidoyer
HOP – Halte à l’obsolescence programmée

https://www.halteobsolescence.org/fin-2g-3g
Vous pensiez que la 2G et la 3G ne concernaient que le vieux téléphone de votre grand-mère ? Détrompez-vous.
Ces réseaux sont progressivement arrêtés depuis le 31 mars et les conséquences économiques, sociales et environnementales sont désastreuses.
On vous explique
Que se passe-t-il quand on n’encadre pas la fin d’une technologie ? Des millions d’utilisateurs et d’utilisatrices se retrouvent du jour au lendemain pris·es au dépourvu. C’est ce qui est en train de se dérouler discrètement avec la fin des réseaux 2G et 3G.
Le 31 mars 2026, Orange a entamé le démantèlement de son réseau 2G. La fin définitive du service est prévue en décembre 2026 par Bouygues, SFR, Orange et Free, les 4 opérateurs de réseau en France. La 3G devra suivre, avec un arrêt prévu pour 2028.
Ces décisions, prises par des acteurs privés, ont pourtant des conséquences catastrophiques pour des millions de Français·es.
Et contrairement aux idées reçues, cela ne concerne pas uniquement les vieux téléphones. On estime que jusqu’à 12 millions d’appareils devraient être remplacés ou adaptés prématurément, dont 10 millions d’objets connectés.
Près de 10 millions d’objets connectés du quotidien seraient concernés, en plus de 2,4 millions de téléphones.
Parmi eux : ascenseurs, dispositifs d’alarmes, automobiles, mais aussi dispositifs d’appel d’urgence en cas d’accident de voiture, et téléassistance pour personnes âgées (bracelets anti-chute).
L’arrêt de la 2G et de la 3G entraîne également de rendre totalement obsolètes l’ensemble des téléphones portables non compatibles avec la 4G. Loin d’être marginale, l’utilisation de ce type de mobiles est encore courante chez certains publics particulièrement vulnérables, qui s’en servent encore comme moyens de communication privilégiés. Rien qu’en 2025, l’association Emmaüs Connect a ainsi distribué plus de 20 000 terminaux de ce type. Autant de personnes sans abri, exilées et/ou victimes de violences qui n’auront demain plus la possibilité de passer des appels ou d’envoyer des SMS dans des situations d’urgence souvent vitales.
Un coût considérable, sans aucune compensation financière prévue
La fin de la 2G et de la 3G implique des coûts environnementaux, rendant prématurément obsolètes des millions d’objets, qui devront être renouvelés de force.
1,36 milliard d’euros
Estimation a minima du coût de remplacement assumé par les particuliers, les entreprises et les collectivités.
900 000 €
Pour la seule ville de Lille qui doit remplacer ses points lumineux dépendants de cette technologie.
400 à 500 millions d’euros
pour l’adaptation des réseaux d’eau et d’assainissement en France, un coût qui devra être assumé par les collectivités.
Entre 600 € et 1 800 €
pour l’adaptation d’un ascenseur aux réseaux 4G et 5G.
22 000 tours de la terre
en voiture thermique, c’est ce que représentent les émissions de CO2 induites par le renouvellement prématuré des 2,4 millions de téléphones concernés.
Que fait l’État ?
Bien peu de choses. Il se désengage de cette décision, estimant qu’il ne peut pas s’immiscer dans des décisions d’entreprises privées.
HOP considère que l’encadrement des fermetures de réseaux est largement insuffisant. Il en va de l’intérêt public.
S’il est probablement trop tard pour la 2G et la 3G, HOP – Halte à l’obsolescence programmée et l’opérateur mobile Telecoop demandent des mesures urgentes pour encadrer l’arrêt des réseaux de télécommunications.
La 6G arrive en 2030 ! Les prochaines échéances pour la 4G et la 5G arrivent vite. Mettons à l’agenda politique le sujet de leur encadrement dès maintenant dans le cadre des programmes électoraux.
Pour soutenir cette demande et nous donner les moyens d’agir, adhérez à HOP

