Après trois mois, le bilan des signatures du Manifeste est réconfortant : 427 signatures de 25 pays sur plusieurs continents. Les Italiens, Nord-Américains et Belges ont répondu en nombre à notre appel. Les signatures émanent de personnes d’origine sociale diverse et dans des domaines d’activité différents, les Dames étant plus représentées que les Messieurs. Nous sommes heureux de voir que nos préoccupations concernent aussi bien des chercheuses et chercheurs renommé.es que des aides-soignantes ou ouvriers. Nous espérons davantage de signatures de juristes car il s’agit bien de placer nos luttes sur l’horizon d’un droit que nous revendiquons au nom de nos libertés menacées à l’ère du Tout-numérique, du débat démocratique confisqué dans des institutions représentatives vacillantes et dépassées, de la santé, et de l’écologie au sens général et le plus matériel.
Nous sommes sensibles au fait que les personnes travaillant dans le domaine de l’informatique et des télécoms partagent notre requête. Ce sont les mieux placés pour bien connaître les risques d’un totalitarisme numérique à l’échelle mondiale. Totalitarisme n’est pas du tout exagéré car il s’agit bien d’un système technique imposé comme seule solution à l’évolution de nos sociétés industrielles de surconsommation et qui est « un fait social total » puisqu’il implique tous les aspects de notre quotidien. Ce « fait social total » nous est vendu comme allant de soi dans la marche inexorable du « Progrès » de nos sociétés industrielles modernes. Mais, d’ici peu, plus grand-chose ne distinguera nos régimes « démocratiques libéraux » des régimes ouvertement totalitaires. Les notions de consentement libre et éclairé, de libre arbitre, d’intimité sont des notions en voie de disparaître. Nous n’avons plus la liberté du CHOIX. L’État, de plus en plus sous la coupe d’intérêts privés, impose des solutions techniques qui ne sont jamais discutées. Il existe pourtant des solutions alternatives dont le marché ne veut pas et exclues du débat. Tout débat démocratique concernant l’impact de l’électronumérique sur nos sociétés est confisqué. C’est en cela que l’électronumérique imposé comme l’unique solution est un technototalitarisme de fait. Le Portefeuille d’identité numérique rassemblant toutes nos données en est un marqueur très inquiétant. Et il nous semble urgent d’y résister dans tous les pays.
Les structures étatiques, aidées par le marché souverain, contrôleront ainsi le moindre acte de citoyens entièrement asservis à la machine dopée à l’IAg généralisée, sous le coup de l’extorsion systématique du consentement pour le compte de l’Administration centralisée, de la police, de la gendarmerie et des renseignements généraux au bénéfice des industriels et financiers qui y trouvent leur intérêt sans état d’âme. L’enfermement dans la cage numérique sera ainsi total, concret, et plus une métaphore.
Le principe sanitaire de précaution est rangé au placard face au principe d’innovation permanent célébré par le marché et les politiques à sa solde ; les diktats technologiques imposés aux populations abîmant l’esprit même d’une authentique démocratie qui repose sur la délibération collective. Elle doit porter sur l’ensemble de l’arc santé (addiction aux objets numériques/captation de l’attention + déni sanitaire des micro-ondes artificielles pulsées qui s’accumulent dans notre environnement) / libertés malmenées par les diktats numériques / écologie au sens général et le plus matériel vu le multi-extractivisme minier forcené, sanglant et insensé, que les appareillages électronumériques impliquent, allant à contresens de l’urgente nécessité de sobriété.
Ce n’est donc qu’un début de résistance à l’échelle internationale et nous remercions vivement toutes celles et ceux qui ont apporté leur soutien à ce Manifeste.

