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Sur le très problématique compteur/capteur électrique LINKY – une défaite de notre démocratie

Par Citoyens Nantais pour une Social-Écologie critique (CNPSEc)

En mai 2025, quatre collectifs et associations (Anti-Compteurs Communicants Artois-Douaisis (ACCAD) 59-62 / Association Action Citoyenne Environnementale (ACE) 64-40 / Citoyens Nantais pour une Social-Écologie critique (CNPSEc) 44 / Solidarité et Coordination Anti Linky Paris – Ile de France – SCALP IdF) ont co-rédigé un Procès citoyen Linky adressé à la Représentation nationale (Sénat et Assemblée nationale). Chacun.e des 925 représentants de la nation a reçu le Procès citoyen, parfois plusieurs fois.

Ce que disait ce Procès :

– Le Linky a été imposé très autoritairement sans qu’il y ait eu le moindre débat sur son choix et ses finalités. La population a subi une campagne d’extorsion du consentement indigne d’un État de Droit.

– Le système Linky a été décidé dans des conditions très douteuses. Des experts indépendants soupçonnent fortement que l’étude a été « bâclée » par Capgemini Consulting sur arrière fond de conflit d’intérêts et sans appel d’offres. Comment ce cabinet “d’experts” a-t-il pu donner un avis favorable à un système aussi dispendieux au détriment des usagers qui en paieraient le coût final ? La Cour des comptes s’est interrogée à ce sujet dans son rapport du 07/01/2018 rappelé dans celui du 18/11/24: « Un investissement coûteux » qui profite surtout à Enedis. 1 La Fédération nationale des mines et de l’énergie (FNME) le dit aussi. 2

Pourquoi le projet de l’association indépendante à but non-lucratif négaWatt, beaucoup plus simple, beaucoup moins coûteux, beaucoup moins intrusif et contraignant pour l’usager, a-t-il été écarté sans publicité ni le moindre débat ?

Avec Linky, nous possédons un compteur communicant parmi les plus chers et intrusifs d’Europe par ses appareillages et sa sophistication. Et c’est l’usager qui en paiera le prix au bout du compte.

– Enedis SA et ses prestataires ont utilisé des procédés indignes d’une démocratie : non-vérités énoncées, personnes (parfois très âgées) trompées et forcées, malgré leur refus. Harcèlement téléphonique et par courrier parfois menaçant. Personnes « réfractaires » bousculées par des prestataires. Brisure de protections parfois. Il en existe de nombreux témoignages. C’est un cas de violence unique en Europe, semble-t-il.

– Alors que les précaires énergétiques sont de plus en plus nombreux, Enedis se sert du Linky comme télécommande à distance des installations privées au détriment des usagers. Les coupures ou réductions de puissance sont imposées autoritairement à ceux qui ne peuvent payer (suite à des surfacturations par exemple), cette maltraitance sociale accroissant les inégalités dans notre pays. Linky = liberté – égalité – fraternité ?

– « Le système Linky ne peut pas reconnaître les appareils électriques d’un foyer » nous dit Enedis, sauf qu’il le peut et s’en sert déjà car il connaît assez bien nos habitudes de vie par signatures électriques des appareils électroménagers. C’est ce qu’ont bien compris les services de l’État lorsque par le décret n° 2022-955 du 29 juin 2022, il a été enjoint à Enedis, entre autres, de livrer ses données pour voir si des chômeurs inscrits à Pôle Emploi seraient susceptibles de frauder.

– « Vos données sont protégées » sauf qu’il y a eu déjà des brèches dans la digue relevées par la CNIL et qu’il faut être très naïfs pour croire que nous sommes protégés dans un monde électro-numérique hyper-connecté où PERSONNE n’est à l’abri du piratage des données d’autant qu’il a été démontré que le Linky est facilement piratable… Selon la revue Canard PC et Philippe Wolf, chef de projet à Saclay, le compteur Linky peut être facilement hacké.

L’activation d’un compteur connecté à distance, non contrôlable et non librement désactivable par l’usager, en permettant la communication de nos données privées, viole un droit fondamental présent dans La Déclaration des droits de l’homme : « Nul ne sera l’objet d’immixtions arbitraires dans sa vie privée, sa famille, son domicile. »

– Il y a les lois de la physique, les faits scientifiques, et le déni quasi-institutionnalisé de ce qui dérange : le courant porteur en ligne (CPL) du Linky, en se superposant au courant alternatif 50 Hertz du réseau électrique, émet un rayonnement électromagnétique potentiellement dangereux pour la santé auquel s’ajoute l’envoi des données par téléphonie mobile GPRS accroissant davantage l’électrosmog dans notre environnement. Le CPL Linky relève des radiofréquences et passe sur des circuits domestiques aux fils non blindés-torsadés alors qu’ils devraient l’être : « les fils électriques des réseaux basse et moyenne tension n’ont pas été initialement conçus pour propager des signaux de communication à des fréquences supérieures à 1 kHz. Dès lors, les fils de cuivre utilisés pour la transmission du signal utile réagissent comme une antenne, et une partie de la puissance transmise est rayonnée. » (Université européenne Télécom Bretagne).

Le Projet Linky nous est vendu comme susceptible d’intégrer les énergies renouvelables dans le réseau. Or ce n’était pas la conclusion des grands opérateurs industriels ni de la responsable des solutions dites « intelligentes » pour l’énergie chez IBM Europe lors de la Conférence Eurelectric à Vilnius en juin 2016 qui précisaient que les compteurs communicants n’étaient pas utiles pour l’injection des énergies renouvelables (EnR) ! D’ailleurs, l’Allemagne, très avancée dans les EnR ne l’impose pas aux particuliers.

– Des ONG et des associations nationales s’interrogent chez nous comme dans plusieurs pays : écologiquement très discutables, sanitairement préoccupants, les compteurs dits « communicants » ne profitent-ils pas en réalité aux grandes entreprises énergétiques et aux entreprises tierces qui n’ont que faire de l’écologie, de notre santé et de notre porte-monnaie ?

– Par sa conception, sa fiabilité est plus que discutable. Des incendies, des dysfonctionnements nombreux, des surfacturations aberrantes ont été recensés par les citoyens et souvent relatés dans la presse quotidienne régionale avec une honnêteté que nous n’avons pas retrouvée dans les grands médias payés en pages entières de publicités pour Enedis, EDF, Engie, Total etc. Et il n’y a aucun contrôle citoyen des actions (ou exactions) d’Enedis SA par nos représentants. Est-ce normal ?

Bilan des réponses de nos représentant.es nationaux :

Une telle attitude de la part de celles et ceux qui sont censé.es nous représenter est honteuse.

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  • Le Linky restera comme la première imposition d’un objet connecté sans possibilité de déconnexion dont le système CPL quasi-permanent de collecte des données personnelles se situe au cœur même du domicile privé ainsi désanctuarisé.
  • Il est imposé à coup de « nudge » assez hypocrite : il n’est pas obligatoire par la loi, mais il l’est de fait car l’État impose à la société distributrice Enedis SA de l’installer dans TOUS les foyers « sauf impossibilité technique ».
  • Il fait fi des problèmes sanitaires qu’il pourrait causer par son système CPL de recueil des données. Or il y a des personnes EHS ou d’autres qui veillent à ne pas avoir de CPL ni wifi sur leur box, restent en connexion filaire, refusent les objets connectés, limitent le plus possible écrans et usages électronumériques alors qu’on les incite à les multiplier. De très nombreux témoignages de mal-être vécu après la mise en service du système Linky ont été recensés par des associations et par Témoignage Linky France. 3 Ceci dans la plus grande indifférence des pouvoirs publics.
  • Ce système a été prévu pour une société d’ébriété électrique (dont la voiture) alors que des citoyens ont conscience qu’il faut, au contraire, drastiquement la limiter et que l’on va à rebours de la « sobriété énergétique » pourtant vantée par les pouvoirs publics.
  • Ce système d’obsolescence rapide est ruineux pour l’usager car extrêmement coûteux pour lui, qui doit en assumer le coût au bénéfice de la société distributrice. À quoi s’ajoute son renouvellement anormalement rapide (Cf. l’avis critique de la Cour des comptes de notre République à ce sujet).
  • Pour placer son produit, la société distributrice a ouvertement proféré d’énormes non-vérités, recensées dans le Procès citoyen, sans que cela dérange le personnel politique et les médias.
  • Ce système a été conçu dans l’optique d’une privatisation du bien commun essentiel qu’est l’électricité. Enedis SA, le distributeur, est une société privée d’intérêt public dépendant d’EDF, société publique. Et comme EDF est très endettée, on l’a intégralement nationalisée alors qu’elle ne l’était pas complètement, tandis qu’il est envisagé de privatiser Enedis à qui le Linky rapporte beaucoup. Tout ceci s’inscrit sur fond de mise sur le marché de l’électricité comme si c’était une marchandise comme une autre. Et cela ne semble pas déranger dans leur ensemble celles et ceux qui nous représentent comme les très rares réponses au Procès citoyen Linky l’ont démontré.

Il est donc normal que des usagers (devenus « clients » de force) ne veuillent pas du Linky :

  • par défense de l’esprit républicain (res publica) contre la privatisation de l’électricité et sa mise sur le marché.
  • parce qu’il est scandaleux que le Linky puisse réduire automatiquement la puissance à distance pour les précaires énergétiques de plus en plus nombreux.
  • parce que le Linky n’a pas démontré, comme promis, qu’il ferait baisser la facture d’électricité. Pour l’instant la facture s’alourdit.
  • par souci de préservation de leur santé au moment où prolifèrent les ondes et les CEM dans leur environnement et qu’ils veulent s’en préserver dans leur domicile.
  • par souci d’écologie : 1. parce que le système Linky, déjà très coûteux pour l’usager avec tous ses appareillages (compteurs/concentrateurs etc.), est d’obsolescence anormalement rapide par rapport aux anciens compteurs. 2. parce que, face à la gabegie d’électricité programmée qu’est censé gérer le Linky, il convient au contraire d’en réduire au plus vite les besoins avec un compteur simple et le plus durable possible.
  • parce qu’ils ont des principes républicains, démocratiques, humanistes, écologiques et qu’ils ne peuvent accepter la démission morale du politique.

1. Cf. Rapport de la Cour des comptes – Contrôle de suite sur le déploiement et l’utilisation des compteurs Linky :

https://ccomptes.fr/sites/default/files/2024-11/20241129-S2024-1359-Controle-de-suite-sur-le-deploiement-et-l-utilisation-compteurs-Linky_0.pdf

2. Cf. FNME-CGT : 100% public n°1, décembre 2018.

3. https://reporterre.net/IMG/pdf/tlf_.pdf

Vous trouverez l’intégralité du Procès citoyen Linky sur le site d’Halte au contrôle numérique : https://halteaucontrolenumerique.fr/?p=7892