
par Le Collectif Nantes1 anti-Linky5G
Aux potentiels problèmes sanitaires soulevés par Alain Cadet, s’ajoutent d’autres problèmes dont ceux très matériels et bien peu écologiques soulevés par Celia Izoard (Cf. leurs deux articles sur ce site).
Le véhicule électrique généralisé aux particuliers, en voie d’être imposé à Mme et M. Toutlemonde à grand renfort de publicité industrielle, largement relayée dans les médias, nous est vendu comme la solution « écologique » miracle, mais comme trop souvent, sans vouloir tenir compte de ses facettes sombres et cachées.
Un étonnant consensus semble exister entre les mondes industriel et économique (normal, ils ont là un bon produit à placer), les décideurs politiques sous influence et ceux militant pour l’écologie qui croient y voir une bonne solution pour notre « mobilité ».
Le véhicule électrique est caractéristique du nouveau capitalisme. On remplace les véhicules de l’ancien monde consumériste du capitalisme du pétrole par le nouveau monde de surconsommation électronumérique. Les automobilistes devront s’adapter à la nouvelle loi du capitalisme sous un prétexte faussement « écologique » et les fabricants pourront trouver là une manne très lucrative pour renouveler leur mode de production, ce que les Chinois hypercapitalistes ont compris bien avant nous. À aucun moment n’est proposé une tierce solution comme alternative à ce double paradigme et diktat capitaliste. Beaucoup d’écologistes se retranchant dans un réflexe « anti-bagnole » pour occulter le problème.
Le véhicule électrique est principalement une préoccupation de citadins. S’il pollue moins les villes par ses pots d’échappement, il dégage davantage de particules fines et ultra-fines par ses freins et ses pneus 1 puisqu’il est lourd 2, ce qui est plus mauvais pour nos poumons qu’avec les véhicules légers. Ce qu’on gagne ici, on le perd là.
Mais ce qui est plus problématique est le fait que le véhicule électrique se trouve bardé d’électronique et de capteurs impliquant des gigafactories de batteries, des centrales nucléaires et parcs éoliens, ainsi que des mines qui sont ou seront situés dans nos campagnes – soit autant d’entreprises polluantes pour les terres agricoles comme pour nos rivières, et nuisibles pour l’écosystème et la biodiversité. Ce désastre écologique existe déjà en Afrique et ailleurs.
Il y aura donc un peu moins de pollution directe dans nos villes, mais à quel prix environnemental en dehors ?
Et une fois encore, le prétexte écologique s’opère dans l’oubli complet de son impact sanitaire. Poser son fessier sur un intense champ électromagnétique dans un habitacle soumis en permanence aux ondes radio NE PEUT ÊTRE une saine situation.
S’ajoute à cela la manie industrielle – et très française – de la mono-solution imposée faisant fi de l’impact très matériel. Le « toutoutisme » : tout thermique, tout-nucléaire électrique, puis tout-numérique – et donc tout-électronumérique (nucléaire ?) – dispense d’envisager des solutions plurielles de la part de nos décideurs sous obédience techno-industrielle.
Mme et M. Toutlemonde n’auront ainsi pas d’autre choix que de passer à l’électrique.
Pourtant, ils veulent une voiture simple et sûre, sans gadgets élecronumériques inutiles. On ne va pas construire une voie ferrée exprès pour eux, ni développer un nouveau réseau de bus dans leur lieu-dit car ils ne vivent pas à Marseille ou Lyon. Le covoiturage, c’est très bien (ils le disent à Paris à la télé et les écolos aussi), mais pas commode quand il y a les enfants à amener à l’école et à la piscine et qu’il faut s’occuper de la belle-mère, veuve retraitée, isolée dans son hameau sans bus ni tram à proximité. Ils veulent retrouver le temps où Jojo savait réparer vite fait pour pas trop cher la « bagnole » indispensable à leur liberté de mouvement. Ils veulent continuer à aller à la pompe pour faire le plein avec le nouveau carburant bio que les parlementaires écologistes auraient réussi à obtenir par la recherche publique désintéressée, et raisonnablement taxé pour renflouer les caisses de l’État. Leur voiture sans chichis, pas trop lourde, suffisamment confortable et solide, serait limitée en vitesse et aurait une boîte automatique qui les ferait moins consommer. Ils n’auraient pas besoin d’avoir un Linky pour le soutirage et ainsi gaspiller de l’électricité d’autant qu’ils ont limité leur besoins électronumériques pour préserver leur budget car les dépenses contraintes des appareils numériques sont considérables. Il faut les renouveler très vite dans l’intérêt du sacro-saint marché, mais pas dans le leur. Simplicité et sobriété sont des vertus écologiques, pensent-ils au contraire, alors que toutes les solutions électronumériques qu’on leur propose s’en éloignent.
Mais ils se heurtent toujours aux injonctions du capitalisme techno-autoritaire sur l’arc santé/libertés/écologie, au nom de « l’intérêt général », de leur bien-être, de leur sécurité, sans oublier bien sûr la préservation de notre environnement. Injonctions proclamées « vertes » et que les Verts injonctent aussi – jamais présentées comme des obligations car nous ne sommes quand même pas (encore) dans un régime dictatorial.
On explique à Mme et M. Toutlemonde qu’ils auront peu d’effort à faire pour bien conduire tant il y a de capteurs et de systèmes électroniques dans leur nouveau véhicule électrique sophistiqué qui leur signalera la moindre anomalie. Cela grèvera considérablement leur budget, loin de leur souhait de la voiture pas trop chère, simple et à carburant bio. Et on leur dit que s’ils avaient des sous un jour, ils pourraient même s’offrir une voiture autonome guidée par des milliers de satellites (polluants) et des millions d’antennes terrestres (non moins polluantes). Comme des poulets à la sauce électronumérisée dans un récipient fermé, cuits au micro-ondes – qui est une des modalités de la « prison numérique » générale qui nous est promise.
Il faut donc, dès maintenant, envisager une autre alternative au moteur thermique qui devra être écologiquement sobre, sans champs électromagnétiques ou le moins possible. Les véhicules particuliers seront légers, suffisamment solides et sécurisés. Ils embarqueront le minimum d’électronique et le carburant sera bio, le moins polluant possible et produit localement (Sortez les brevets ou créez-les). Mais de cela, nous n’entendons pas parler dans les plans du business « vert de décarbonation » automobile soutenu par nos médias et décideurs politiques de tous bords, à commencer par nos « écologistes officiels »…
1 Chiffres-clés de la pollution et de l’intoxication par les particules fines et ultra-fines issues des pneumatiques pour des voitures de plus en plus lourdes :
1000 milliards
Nombre estimé de particules fines et ultra-fines libérées par kilomètre parcouru par un véhicule moyen à propulsion intégrale.
35, 05 kg
Quantité totale moyenne de débris émis par les pneus d’une Tesla Y au cours de leur durée de vie.
25
Nombre minimum d’additifs présents dans les pneus et retrouvés dans les particules ultra-fines dont certains peuvent être cancérigènes.
2000 milliards
Nombre de pneus fabriqués chaque année dans le monde.
50 000 tonnes
C’est le nombre de particules fines et ultra-fines rejetées dans l’environnement via l’usure des pneus par le parc automobile français.
Sources : Agir pour l’environnement.
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2. Poids moyen d’une berline standard (type Volkswagen Passat) en :
1950 = 1300 kg
1970 = 1200 kg
1990 = 1400 kg
2010 = 1600 kg
2026 :
THERMIQUE = 1700 kg
ÉLECTRIQUE = 1900 à 2300 kg
Sources : Agence européenne pour l’environnement & International Council on Clean Transportation.
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Sur la voiture électrique, voir sur ce site :
Celia Izoard : Les fausses promesses de la voiture électrique.
Alain Cadet : Le retour de la Fée électricité : le tout-électrique, c’est magique !
Voir aussi dans la bibliographie : Gérard Dubey et Alain Gras, La servitude électrique, Du rêve de liberté à la prison numérique, Seuil Anthropocène, 2021.

