
• Publié le 25 février 2025
Un nouvel article critique révèle qu’une étude commandée par l’OMS sur les risques de cancer liés aux ondes mobiles, qui rejette ces risques, est lacunaire et ne correspond pas à l’état actuel des connaissances. L’examen montre que les auteurs de l’article de l’OMS ont commis plusieurs erreurs scientifiques graves, notamment en négligeant les risques accrus de cancer observés chez les groupes les plus exposés.
En septembre 2024, une évaluation de la recherche sur les risques de cancer liés aux rayonnements des téléphones portables, commandée par l’OMS, a été publiée, affirmant que l’utilisation des téléphones portables n’augmentait pas le risque de cancer. La même conclusion a été tirée concernant l’exposition aux stations de base ou aux antennes de radio/télévision et le risque de leucémie infantile.
Cependant, la synthèse de l’OMS comporte plusieurs erreurs graves, par exemple
• Les études qui montrent un risque accru de cancer du cerveau chez les groupes d’utilisateurs les plus exposés, correspondant à une utilisation de plus de 30 minutes par jour pendant plus de dix ans, ont été ignorées, tout comme les résultats qui montrent un risque accru de cancer du côté de la tête où le téléphone portable est utilisé pour passer des appels. Au lieu de cela, les auteurs se sont concentrés sur les résultats d’études portant sur une utilisation totale faible.
• Des études entachées de graves erreurs méthodologiques qui ne montrent pas de risques accrus ont été accordées une grande importance dans les résultats, tandis qu’à l’inverse, des études de grande qualité montrant des risques accrus ont été considérées comme peu significatives.
• Les conclusions concernant l’exposition aux rayonnements des stations de base ou des antennes de radio/télévision sont basées sur des résultats contradictoires et peu nombreux, ainsi que sur une étude qui ne dit rien sur les risques de cancer compte tenu des niveaux d’exposition normaux actuels. Les études montrant des risques accrus de cancer ont été ignorées.
La synthèse de l’OMS a été réalisée par des personnes ayant des conflits d’intérêts : trois des auteurs sont par exemple membres de l’ICNIRP. Il s’agit de l’organisation qui a recommandé les valeurs limites applicables aux rayonnements mobiles et qui protège uniquement contre les effets immédiats de l’échauffement dus à une exposition brève à des rayonnements très intenses. Elle n’offre donc aucune protection contre les risques de cancer. Étant donné que les limites fixées par les opérateurs de télécommunications impliquent des intérêts économiques très importants, il existe un grave conflit d’intérêts à agir en tant que réviseur pour l’OMS dans le domaine de la recherche tout en soutenant les limites fortement critiquées de l’ICNIRP. L’ICNIRP est considérée comme une organisation favorable à l’industrie.
La nouvelle analyse de l’article de l’OMS a été réalisée en collaboration entre le Dr Lennart Hardell, cancérologue et ancien médecin-chef, et Mona Nilsson de la Fondation pour la protection contre les rayonnements. Lennart Hardell est un expert international de premier plan dans le domaine des risques de cancer liés aux rayonnements des téléphones portables. Avec ses collègues, il publie depuis plus de 20 ans des études scientifiques dans ce domaine.
Selon Lennart Hardell, l’article de l’OMS présente des lacunes scientifiques évidentes et ne correspond pas à l’état actuel des connaissances. Il constitue une menace pour la santé publique, car il sous-estime les risques, et n’aurait jamais dû être publié.
Mona Nilsson souligne que les auteurs ne peuvent ignorer les graves erreurs inhérentes à une étude de cohorte danoise, qui conduisent à une sous-estimation des risques. Ils ont pourtant accordé une grande importance à cette étude. Ils ne peuvent pas non plus ignorer que leurs conclusions sur les stations de base mobiles et les antennes de radio/télévision sont contredites par des études qu’ils ont exclues (antennes de radio/télévision) et par l’une des deux seules études sur les stations de base qu’ils ont incluses. En outre, l’étude sur les stations de base qui n’a pas montré de risques concerne l’exposition entre 1996 et 2001, l’exposition pendant la période fœtale et un niveau d’exposition maximal très faible, nettement inférieur à ce qui est devenu courant aujourd’hui après le déploiement de la 5G. Elle ne dit donc rien sur le risque de cancer chez les enfants lié aux stations de base actuelles.
L’article de l’OMS a également été critiqué par un groupe d’experts indépendants de renommée mondiale de l’ICBE-EMF, une commission internationale de protection contre les rayonnements créée en 2022. Dans une lettre, l’organisation a déclaré que l’article de l’OMS contenait des erreurs si graves qu’il devrait être retiré. La même conclusion est tirée dans le nouvel article publié par Lennart Hardell et Mona Nilsson.
Références :
Lennart Hardell, Mona Nilsson. A Critical Analysis of the World Health Organization (WHO) Systematic Review 2024 on Radiofrequency Radiation Exposure and Cancer Risks. Journal of Cancer Science and Clinical Therapeutics. 9 (2025) : 09-26.
Évaluation de l’OMS : Karipidis et al. 2024

