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Qu’est-ce qu’un ordiphone mobile dit « smartphone » ?

Mais qu’est-ce donc que ce téléphone cellulaire ou ordiphone si « intelligent » appelé en français « smartphone » ? Il se compose d’environ 55 éléments dont des terres rares et nombreux métaux, excavés dans des mines lointaines, loin de nos yeux, dans des conditions extractives catastrophiques pour la biodiversité et les populations autochtones, hyper-polluantes, humainement épouvantables avec violences criminelles et exploitation d’enfants, au Congo par exemple. Le traitement et raffinage s’opèrent dans une grande pollution, sans souci des travailleurs et des populations, à 95 % en Chine, pays impérialiste qui n’est pas particulièrement notre ami et qui peut à tout moment pratiquer un chantage. Chaque appareil pesant dans les 200 gr représente environ 183 kg de déchets miniers, ce qui fait tout de même de grosses montagnes pour 1,6 milliard de téléphones magiques vendus chaque année. Il s’agit d’un émetteur-récepteur de champs électromagnétiques que l’on colle sur un autre champ électromagnétique qu’est le cerveau, près du cœur et des parties génitales. Les fabricants truquent sans vergogne les seuils de débit d’absorption spécifique (DAS) censés nous protéger (cf. Phonegate). Il nécessite des milliers d’antennes-relais dont personne ne veut près de chez soi parce que tout le monde sent bien que ce n’est quand même pas très bon pour sa santé ni très esthétique dans le paysage.

De nombreuses études indépendantes, majoritaires, démontrent les effets biologiques plus que délétères de ces micro-ondes artificielles pulsées pour l’humain, la faune et la flore qui ne cessent de se surajouter les unes aux autres 1. Les électrohypersensibles (EHS) sont en augmentation, et les plus atteints doivent se réfugier dans des forêts ou des montagnes puisque l’on supprime les « zones blanches ». Après le tabac, l’amiante, les pesticides, les néonicotinoïdes, les perturbateurs endocriniens, les PFAS, nous sommes entrés sur ce sujet dans l’ère du déni sanitaire institué, dans « la fabrique du doute » qui consiste pour les industriels et opérateurs à avoir leurs scientifiques-maison. Leurs conflits d’intérêts sont manifestes, beaucoup travaillent pour la téléphonie mobile. « Non prouvé » disent-ils, c’est-à-dire pas à 100 % (et y aura-t-il jamais scientifiquement 100 % après sempiternelles disputes méthodologiques sur les protocoles ?). La preuve de l’innocuité des champs électromagnétiques radiofréquences s’accumulant dans notre environnement pouvant encore moins être établie. Comme s’il ne pouvait exister des effets de seuil par accumulation. Donc, faisons passer le principe d’innovation avant le principe de précaution, de prévention ou d’attention, principes de sagesse et de prudence qui devraient pourtant s’imposer à l’égard des populations de la part des pouvoirs dits « publics ». Les assureurs l’ont bien compris et ils le disent : un jour ou l’autre, cela finira par se savoir, alors on n’assure pas les dégâts présents et à venir. 1

Chaque « smartphone » porte donc les stigmates d’un sang néo-colonial, est de la mauvaise ou fausse conscience portative, martyrise les EHS, rend addicts nos enfants et ados comme les grands enfants agités que nous sommes devenus, en plus d’être un glouton énergétique et une aberration écologique.

L’écran de notre mobile d’auto-flicage est le miroir narcissique de notre impasse civilisationnelle. Mais c’est si commode, si rapide, comment s’en passer ?

Bernard Neau, écrivain-photographe, extrait de l’article : « L’impasse – les risques civilisationnels du totalitarisme électronumérique » in revue Illusio, Totalitaire, n° 20, avril 2023 – © revue Illusio, Caen, 2023.

1Le numéro de décembre 2018 de The Lancet déclarait : « Une évaluation récente de 2 266 études (incluant des études in vitro et in vivo sur les systèmes expérimentaux humains, animaux et végétaux et les études de population) a révélé que la plupart des études (n=1546 ; 68,2 %) ont démontré des effets biologiques ou sanitaires importants liés à l’exposition aux champs électromagnétiques anthropiques » (www.thelancet.com) sur les humains, mais aussi sur la faune, les insectes et la flore. Elles montrent qu’il existe des « preuves claires » que le rayonnement électromagnétique peut provoquer le cancer et causer des dommages à l’ADN.

Nous pouvons toutes et tous savoir (y compris médias et politiques) que les normes en vigueur ont été édictées par les industriels et sont complète ment obsolètes alors que prolifèrent tous types d’ondes et micro-ondes pulsées dans notre environnement (wifi, bluetooth…).
Confrontés à ce problème sanitaire, les assureurs, eux, l’ont compris et ont déjà anticipé (Lloyd’s) : « On doit à présent s’attendre, sur la base des connaissances actuelles, à la possibilité que les champs électromagnétiques se révèlent plus dangereux qu’on ne l’imaginait, suite aux résultats de la recherche scientifique » et « On doit s’attendre à ce que les champs électromagnétiques de faible intensité puissent, contre toute attente, s’avérer dangereux – tout comme les fibres d’amiante se sont révélées nocives au fil des ans. » (Swiss Ré – Groupe des Assurances franco-suisses – rapport de 1997).